02  —  Œuvres

Les écrits de Célie

Des textes qui remplissent tiroirs et carnets qui ne demandent qu'à être partagés. Certains circulent dans des recueils, d'autres sur des pages du web. Ils passent d'une main à l'autre. On s'y arrête un instant puis on les oublie. Mon écriture créative est faite de tous ces instants. Nous créons en continu et certaines formes se fixent sur du papier. Voici ici un tout petit aperçu.

Invitation à écrire · Livres à Vous, Voiron · Mai 2026

Je me prénomme Rose (extrait)

Je m'appelle Rose et je trouve que ce prénom sonne joliment dans un roman. Ma mère m'a dit enfant que c'était également le nom d'une fleur. J'ai fourré mon petit nez de 3 ans dans les pétales d'une rose de Damas et son essence, dans laquelle se perd un accent épicé, ne m'a plus quittée. Elle vient d'Orient, rapportée par un preux chevalier. C'est également l'histoire de mon père qui a séduit ma mère dans son pays lointain sans parler un mot de son langage. C'est en lui offrant une rose, une nuit sous son balcon, que ma mère fut transportée pour arriver ensuite avec les bagages de mon père jusqu'à Montauban. Nous avons un jardin de fleurs et je suis la seule parmi toutes ces majestés enracinées qui peut me permettre le mouvement.
Célie

Extrait du texte « Invitation à écrire » n° 3 — Livres à Vous, Voiron, édition 2026.

Exposition de peintures · Galerie Place à l'Art, Voiron · Avril 2026

Où s'anime la trace (extrait)

Gardiennes de la Terre Mère, vous êtes quatre. Tels les points cardinaux, vous bornez le territoire sur lequel l'humanité tente de faire du mieux qu'elle peut avec ses ombres, nombreuses à certains moments, et sa Lumière, éternelle. Gardiennes, permettez-nous de nous avancer dans la forêt, suivons son labyrinthe pour aller à la rencontre de nous-mêmes.  Observons les écorces puis élaborons nos arbres, écoutons ce monde enchanteur révélé par les traces d’une main inspirée. Quel merveilleux nom que celui de « Bitume de Judée » pour désigner cette couleur, ce pigment d’origine fossile, entre terre et minéral, qui nous ramène au temps premier de la Création. Ainsi, le peintre, inlassablement, recherche le lien avec la matière, avec la cire, avec l’huile, avec la peinture, le chiffon ou le pinceau… et que faut-il encore pour tenter d’approcher l’unité originelle ?
Célie

Atelier d'écriture Anne Ducrocq · Mai 2026

La porte de l'enfance (extrait)

Quand nous parlons d'enfance s'agit-il de descendre ? Voyez-vous une empreinte laissée dans le sable humide de la plage ? C'est cela l'enfance, une trace. Le reste s'est évaporé. Le reste est à reconstituer peu à peu avec les souvenirs que nous en avons. Nous reconstituons les scènes peu à peu en puisant dans des éléments de notre mémoire. Les sens sont convoqués, images, sons, odeurs, caresses, gifles. Petit à petit, pas à pas ou par fulgurances parfois, le paysage se recompose. Je me rappelle d'un accroc dans le chemisier de ma mère, d'une odeur d'encaustique à la cire, du cambouis sur mon ourlet, du foie de veau régurgité, d'une barrette perdue.

Quels sont vos propres souvenirs dont la banalité remonte à la surface de votre peau ? Quels sont vos souvenirs qui prennent chair, qui s'attardent, qui s'incrustent. Sentez-vous par vos pores filtrer les traces de votre passé ? Et quand a-t-il démarré, votre passé ? À quel instant précis peut-on dire c'est du passé. C'est fini tout ça. C'est peut-être fini, mais c'est là. C'est bien là. Mon corps et moi nous nous déplaçons avec nos souvenirs. Nous ne pouvons pas les laisser sur l'étagère du salon ou dans le dernier tiroir ou dans un carton à la cave. Nos souvenirs sont vivants par-delà notre mort. Ils nous rendent épais, sont notre matière, notre densité.
Célie

France Bleu · Éditions Librio

Mémoire de maîtres, paroles d'élèves (extrait)

Ma sœur, c'est ainsi que je vous appelais du pas beaucoup plus haut que mes 10 ans. Passage à deux chiffres vers on ne sait où. Vous donniez votre âme à Dieu et votre sourire aux élèves. Que se passait-il dans ma tête d'enfant lorsque je vous imaginais en boulangère ? C'était sûrement parce que j'avais chaud au cœur et au corps dans cette salle de classe mieux chauffée qu'à la maison. Vous étiez toute ronde, vos joues bien gonflées comme deux petits pains tout frais.
Célie

« Écrire mes textes m'a appris une chose que j'enseigne aujourd'hui : on ne trouve sa voix qu'en ouvrant son cœur et en s'attelant à l'ouvrage. »

 CÉLIE

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